menu sommaire
MENU FERMER SOMMAIRE

Newsletter 2019
des Juniors en Dermatologie

ACCUEILcours

Stage partagé en structure libérale

Témoignage

Photo d’Anne DUCOURNAU


Dermatologue Maitre de stage à Commercy / ECN 2014, Nancy

Retour d’expérience sur le stage des internes de dermatologie en libéral

Interview croisée

Comment s’est mis en place ce stage sur le CHU de NANCY ?

C. N. : Nous avons eu la chance depuis un peu plus d’un an sur le CHU de Nancy de pouvoir instaurer un stage en libéral pour les internes en dermatologie de fin de cursus.

Ce stage a pu être mis en place grâce à une volonté forte de l’ARS ainsi qu’à un soutien du chef de service de dermatologie le Professeur SCHMUTZ qui été tout à fait d’accord pour partager cette expérience. Trois dermatologues libéraux de Nancy et sa région se sont portés volontaires pour accueillir un interne à tour de rôle. Nos cabinets libéraux sont situés pour l’un en centre ville de Nancy, le deuxième en périphérie de Nancy et pour le troisième à une cinquantaine de kilomètres en milieu très rural ce qui permet d’appréhender pour les internes tous les types de patientèle.

Le stage est partagé en trois mois en cabinet libéral et trois mois à l’hôpital ce qui permet à un plus grand nombre d’internes de dermatologie d’aborder le monde libéral. 

Comment est organisé le stage ? N’est-ce pas un inconvénient de changer de cabinet tous les jours et la distance n’est-elle pas un problème ? 

C. N. : Les internes sont présents un à 2 jours par semaine dans nos cabinets selon un planning pré établi par les 4 « partenaires ». 

A. D. : C’est une organisation à assimiler mais cela évite la monotonie ! Les trajets sur Nancy sont faciles et seul le cabinet du Dr NICOLAS est plus éloigné mais la durée de trajet n’excède pas 45 min ce que font très probablement tous les jours les parisiens qui prennent les transports en communs.

Comment se déroule le stage ?

C. N. : Le stage débute les premiers jours par une phase d’observation puis rapidement les internes prennent de l’autonomie dans nos cabinets et nous pouvons leur laisser en fin de stage des consultations supervisées en autonomie.

A. D. : Les internes apprécient particulièrement ce stage quant à la très grande diversité de l’activité. Nous pouvons appréhender toute la pathologie quotidienne et « petite dermatologie » qui n’est pas forcement vue en milieu hospitalier notamment la gestion de toutes les dermatoses fréquentes de type acné avec suivi des différents traitements, rosacée, prurit, pathologie du cuir chevelu et des muqueuses et toute la pathologie tumorale allant du diagnostic des tumeurs bénignes jusqu’aux tumeurs malignes. Nous participons à l’activité de photothérapie et apprenons à gérer la mise en cabine des patients que ce soit pour la puvathérapie ou les UV TL01 et pouvons visualiser les différentes indications de la photothérapie.

C. N. : Personnellement dans mon cabinet, j’ai une très grosse activité chirurgicale puisque je suis titulaire du DIU de dermato-chirurgie et que je pratique de nombreux gestes type lambeau et greffe au cabinet.

Cette activité est facilitée lorsque l’interne est présent car il peut m’assister comme aide opératoire. Ce tutorat est extrêmement formateur pour les internes en leur permettant de voir une grande diversité de gestes chirurgicaux et d’améliorer leur pratique en sécurité.

Le versant esthétique est aussi abordé lors des stages car nous réalisons tous une petite activité de laser ou de dermatologie esthétique de type injection et peeling.

Les internes apprécient tout particulièrement le suivi des patients sur plusieurs semaines voire plusieurs mois et peuvent apprécier la prise en charge d’un patient en globalité.

A. D. : Le stage libéral permet aussi d’autres versants moins médicaux mais qu’il faut connaitre comme les cotations de type CCAM et cela nous familiarise à la gestion d’un cabinet : « gestion du personnel : secrétaire, femme de ménage », gestion des commandes de matériels ; comptabilité et charges d’un cabinet libéral ».

N’est-ce pas compliqué pour un praticien de travailler toute la journée avec quelqu’un derrière soi ?

C. N. : Même si pour les praticiens libéraux accueillir un interne peut au départ rebuter et sembler chronophage, ceci n’est aucunement le cas, en effet nos internes sont expérimentés et très rapidement nous permettent sur des consultations lourdes de gagner du temps : l’un peut faire le geste chirurgical pendant que l’autre fait la partie administrative du dossier. La chirurgie est facilitée par une aide opératoire extrêmement précieuse. De plus, travailler en compagnonnage nous aide à revoir la dermatologie du quotidien sous un œil plus neuf et moins « blazé », cela nous oblige à donner le meilleur de nous-même car nous sommes responsables de ce qu’on leur transmet. Mais n’oublions pas que se sont parfois eux qui nous remettent au gout du jour sur certaines avancées récentes que nous n’avions pas apprises lors de nos études.

De plus, l’accueil d’un interne qui a directement un pied dans le service du CHU facilite nos relations et les échanges avec le service hospitalier.

Les patients ne voient-ils pas d’un mauvais œil la présence d’un tiers lors de la consultation ? 

C. N. : Ils sont prévenus par un affichage en salle d’attente et sont libres de refuser mais cela n’est jamais arrivé. Ils sont en général très enthousiastes et félicitent nos jeunes recrues d’avoir choisi ce métier car ils ont l’impression que cela favorisera les installations et réduira les déserts médicaux.

Le mot de la fin ?

C. N. et A. D. : C’est un partenariat efficace ! A poursuivre !.

RETOUR AU SOMMAIRE